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Compréhension globale

Selon les grands principes boursiers le marché serait efficient et les cours reflèteraient constamment l'intelligence collective des intervenants. Le cours serait alors la meilleure des estimations, confirmant le célèbre dicton " le marché a toujours raison ". La valeur fondamentale du bien serait alors secondaire. En pratique le marché n'est pas systématiquement et en permanence efficient. Des événements impromptus introduisent des tendances temporaires dégradant la valorisation des biens hors de la réalité de leur valeur fondamentale.

Cette apparition " d’une anomalie du marché " représente la base de l’espérance d’opportunité du trading. L'analyse technique (AT) n'est pas une science exacte mais elle aide à détecter ces opportunités.

La doctrine standard de l’AT

L'analyse technique se fonde sur la stabilité de la psychologie humaine. C'est en s’appuyant sur ce principe qu’elle s’autorise à considérer le passé comme porteur d’une valeur prédictive. Dans ce contexte, l’évolution des cours s'exprime graphiquement par des figures singulières dotées d’une " forme de prescience ". L’observation met en effet en évidence une telle récurrence des contextes d’apparition de ces figures, que leur évolution en devient statistiquement prédictible. Se basant sur cette constatation, l’analyse technique tente alors d’anticiper les tendances en formation afin d’en déterminer les objectifs.

Il faut aussi admettre que des figures chartistes sont observées par de nombreux opérateurs qui s’en inspirent dans leurs prises de positions et qu’elles revêtent de ce fait un caractère auto-exécutoire.

L’analyse technique a vu naître deux écoles : l’analyse chartiste qui se limite à l’étude des graphiques et l’analyse moderne (ou classique) qui utilise les mathématiques ainsi que les statistiques pour adjoindre aux graphismes des indicateurs de tendance. Afin d’accroître la pertinence de son jugement sur la qualité des signaux, il est souhaitable d’utiliser les deux approches simultanément.

Les dimensions temporelles et méthodes

Selon son horizon temporel (Long Terme, Moyen Terme, Court Terme, intraday, overnight) et son mode d’intervention (suivi de tendance, swing trading, etc.) , l’investisseur devra se doter d’une vision graphique et d’une méthode d’analyse adaptée.

Figure 1. Exemple des phases de Weinstein

L’investisseur à long terme s’intéressera plus particulièrement aux Phases de Weinstein Figure 1 qui sont traitées dans le chapitre 3 du livre Fréquence-Bourse. Cette méthode met en évidence la position d’une action en regard de cycles pouvant s’étaler sur plusieurs mois ou même plusieurs années. Elle détermine aussi à l’optimal du rapport rentabilité / risque, les points d’entrées et de sortie des positions.

Figure 2. Exemple de vagues d’Elliott

L’investisseur à la recherche d’une vision permettant de mettre en évidence le détail d’une phase de Weinstein pourra s’appuyer sur la théorie des vagues d’Elliott (Figure 2).

Dans une vison temporelle encore plus courte, l’analyse des figures dites " chartistes " met en évidence des comportements prédictibles du cours tels les retournements de tendances. Par exemple, la Figure 3 met en évidence en [1] un triangle de consolidation, en [2] une épaule, tête épaule (ETE), en [3] un " M " ou double sommet. Ces concepts sont détaillés dans le livre.

Figure 3. Vision MT / LT les figures chartistes

Un investisseur CT, en plus des éléments précédemment cités, s’appuiera sur des indicateurs plus ponctuels tels MACD, RSI, Momentum, volume, etc. La description des principes et de l’usage des indicateurs fait l’objet du chapitre et paragraphe (Erreur! Source du renvoi introuvable.).

La représentation graphique de base

La plupart des logiciels d’analyse technique proposent une douzaine de formes différentes de graphisme permettant de représenter les cours. L’illustration suivante en présente quatre parmi les plus utiles.

La représentation la plus utilisée actuellement, et certainement la plus pertinente, est basée sur une forme d’expression graphique nommée Chandeliers Japonais (Figure 4). Ecole chartiste à part entière, les Chandeliers permettent, lorsqu’ils sont utilisés individuellement, de visualiser les principaux éléments d’une période de transaction : l’ouverture, la clôture, les extrêmes et surtout le sens de la période. Période baissière pour un chandelier noir (ou rouge) et haussière pour un chandelier blanc(ou vert).

Figure 4. Les chandeliers japonais

En matière de chandelier, l’analyse de leurs tailles respectives et de leurs combinaisons sous forme de suites (Figure 5) fait l’objet d’un chapitre. L’information porteuse de tendance se situe au niveau des figures formées période après période par les chandeliers.Les principales configurations de Chandeliers sont interprétées par une discipline plus proche d’un art que d’une science et qui nécessite un sérieux investissement personnel pour développer du talent.

Figure 5. Exemple de suites de chandeliers

Pour assimiler les principes de la théorie de Weinstein, deux ou trois notions techniques sont utiles : les supports, les résistances et les moyennes mobiles. La droite de support (la plus basse), ou de résistance (la plus haute), est une ligne théorique sur laquelle le cours rebondit pour inverser son chemin lorsqu’il s‘en approche ou la touche (Figure 6). Le support se détermine en reliant les cours les plus bas et la résistance en reliant les cours les plus hauts.

Figure 6. Canal baissier entre support et résistance

La moyenne mobile (MM) représente le cours moyen de l’action sur une période de référence choisie. La période est fonction du type d’investissement et surtout de son horizon temporel (CT, MT, LT). En pratique c’est l’observation de deux MM différentes (ou d’une MM et du cours de l’action) qui permet de déterminer une tendance.

Les bandes de Bollinger sont dérivées des moyennes mobiles et prennent en compte la volatilité du cours. Le resserrement des bandes annonce généralement un changement de la tendance en cours (Figure 7).

Les horizons temporels du chartisme

De par le principe d’un marché considéré comme un intégrateur avancé d’information, l'analyse technique considère prendre en compte tout ce qui est connu sur les fondamentaux des sociétés et la psychologie des investisseurs. Cette théorie se base sur la seule vérité immédiate et indiscutable : les évolutions du cours. En pratique, aucune technique ne prévoit l'avenir de manière fiable mais tenter de détecter la constitution de patterns connus (aboutissements récurrents de la psychologie des investisseurs) permet d'accroître la probabilité d'espérance de gain en offrant une base de timing aux mouvements.

Figure 7. Bandes de Bollinger et moyennes mobiles

En résumé : en fonction de son mode opératoire et de son horizon d’investissement, l’intervenant n’utilise pas les mêmes approches d’analyse :

  • Un investisseur long terme se satisfera d’une vision macro du type phase de Weinstein Figure 1 .
  • Un investisseur moyen terme introduira des principes chartistes fondamentaux (Figure 3) et si possible une pratique simplifiée de la théorie des vagues d’Elliott (Figure 2).
  • Un investisseur court terme ajoutera à cet ensemble la connaissance d’une forme de représentation telle que les chandeliers et leur composition de figures (Figure 5) ainsi qu’un certain nombre d’indicateurs tels MACD, Bollinger, etc.
  • Un investisseur TCT, swing trading, overnight et intraday en plus des éléments précédemment cités s’appuiera sur des indicateurs plus spécifiques (RSI, Momentum, volume, etc.) et sur la maîtrise de la lecture du carnet d’ordres (tape reading).

L’interprétation des indicateurs illustrée par la Figure 8 fait l’objet d’une explication détaillée dans les chapitres suivants. Il est néanmoins possible de préciser à ce stade que les indicateurs sont classifiés selon trois principes :

  • Les indicateurs sectoriels et cycliques traités dans le cadre de l’analyse fondamentale.

  • Les indicateurs graphiques ou psychologiques concernant plus particulièrement le chartisme (figures singulières, moyennes mobiles, volumes et enveloppes de Bollinger).

  • Les indicateurs techniques spécifiques à l’AT moderne, les plus nombreux et les plus diversifiés dans leurs principes (RSI, MACD, momentum, etc.).

Dans chaque catégorie plusieurs indicateurs relativement similaires sont proposés. L’usage d’un seul indicateur par catégorie est amplement suffisant. Il sera choisi en fonction de la maîtrise de son usage ou du contexte d’utilisation. Personnellement, mes trois indicateurs de prédilection sont  :

  • Le volume qui permet de constater qu’un mouvement est associé à un accroissement significatif des échanges, et de ce fait, peut être considéré comme le début d’une réelle tendance.

  • Le RSI (Relative Strength Index) destiné à contrôler si une action est sur-achetée ou sur-vendue (pour anticiper le changement de tendance).

  • Le MACD (Moving Average Convergence Divergence) qui permet de visualiser les changements de tendance (par détection numérique des croisements de moyennes mobiles).

Les aspects techniques et les interprétations possibles de ces indicateurs sont détaillés dans le chapitre traitant des base AT du Trading.

Figure 8. Les indicateurs techniques basiques


Toutes les techniques évoquées ont leur utilité mais aucune n’est indispensable. Le seul ouvrage permettant d’en comprendre l’imbrication et l’intérêt est actuellement Fréquence Bourse.

Vous pourrez ensuite vous lancer dans une étude beaucoup plus approfondie de ce sujet en acquérant :

 
Jean-Pierre Vickoff
Vickoff@noos.fr