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L’analyse événementielle

L’analyse événementielle consiste à étudier les divers média (périodiques papier, radios, TV, sites boursiers sur Internet) pour détecter des événements susceptibles d’influencer les cours. Cela s’applique à un marché, un secteur économique, une société et aux sources de matières premières ou d’énergie. Pour comprendre les finesses de l’évolution d’une valeur, le suivi de son événementiel est aussi important que l’expérience de son trading.

La corrélation des marchés est devenue telle que même pour les indices européens, ce sont les indicateurs macroéconomiques américains qui ont le plus d’influence (Figure 1). Il est donc classique de lire " la Bourse de Paris gagne 0,31% avant les indicateurs US ", puis " la Bourse de Paris efface ses gains après l’annonce des indicateurs US ".

Figure 1. Publication hebdomadaire des chiffres US

Les indicateurs n’ont pas tous le même poids économique et le même impact psychologique. De plus, leur analyse primaire pour définir une tendance de marché est devenue tout à fait insuffisante. L’évaluation de leur impact réel nécessite, de prendre en considération les principes de l’analyse contrarienne.

Les pratiques contrariennes s’appliquent d’ailleurs essentiellement en réaction aux éléments de l’analyse événementielle.

L’avertissement sur résultat (profit warning) représente l’événement négatif à la fois le plus fréquent et le plus dangereux pour l’investisseur. Du côté positif, l’OPA se situe au premier plan. A l’inverse, l’augmentation de capital a presque toujours des conséquences fâcheuses.

Les autres principaux événements sont les suivants :

  • Publications de résultats et prévisions,
  • Information concernant les clients ou les fournisseurs principaux,
  • Emergence de nouveaux produits ou technologies,
  • Guerre des prix ou position de monopole,
  • Problèmes de trésorerie et nécessité d’investissement,
  • Catastrophes, attentats et actualités diverses.

Tous les investisseurs, quelque soit leur style d’intervention, sont généralement à l’écoute de l’analyse événementielle pour entrer en position, se conforter dans son maintien, ou en sortir. A un instant donné, le marché est fondé sur les données consensuelles. Aussi, lors des annonces, le plus souvent, l’important n’est pas la valeur absolue du chiffre mais son décalage en regard du consensus attendu.

Les pratiques contrariennes

Dans le contexte boursier, le qualificatif de " contrarien " s’applique à une réaction immédiate, et le plus souvent temporaire du marché, semblant inverse à la logique primaire. Il est vital, surtout pour les intervenants à court terme, de comprendre la notion contrarienne car elle représente, actuellement, la logique d’action la plus fréquemment utilisée par les " grosses mains ".

Il est absolument nécessaire de comprendre la dimension " temporelle temporaire " de la logique contrarienne pour profiter des décalages de cours qu’elle permet mais surtout pour éviter les démarrages à contre sens qu’elle induit.

Les émotions des intervenants passent par des extrêmes, les grands teneurs du marché ont développé des modèles de mesure de leur sentiment. Les indicateurs de " sentiment " s'attachent à identifier et à mesurer l’amplitude des périodes d'enthousiasme ou de peur excessives de la majorité. Sur la base de ces calculs se déterminent des possibilités de mise en œuvre de positions contraires. La bourse est donc devenue une activité complexe n’obéissant pas à une loi unique, mais à plusieurs règles contradictoires, en vigueur aléatoirement et à tour de rôle. Ce changement permanent des règles permet de prendre perpétuellement à contre-pied tous les intervenants se limitant à des critères d'investissement classiques.

La méthode est simple mais d’une grande efficacité. Voici des exemples de principe :

  • Acheter au plus bas pour initier une hausse non justifiée et lorsque cette hausse est suivie et alimentée, vendre au plus haut.
  • Sur un effet d’annonce positif, vendre à la hausse une partie des actions précédemment achetées au plus bas, puis engager une vente massive avec le reste pour déclencher automatiquement tous les stops positionnés, puis immédiatement après la réaction de panique de dégagement à la vente des petits investisseurs, racheter au cours ainsi enfoncé.


    Le livre Frequence-Bourse vous présente des exemples concrets permettant de comprendre et d’anticiper ces mouvements. Dans ces exemples, la logique contrarienne n’est en fait qu’un décalage temporel dans la réaction à l’événement ou l’aboutissement d’une réflexion de niveau secondaire. Elle n’est absolument pas un total illogisme, comme ceux qui se sont fait prendre par la manœuvre le supposent.

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    Jean-Pierre Vickoff
    Vickoff@noos.fr